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Février 2026 · 5 min de lecture Audio disponible

Votre chaise vous coûte
plus cher que vous ne le croyez.

En France, les professionnels passent en moyenne sept à huit heures par jour assis. La chaise n'est pas neutre : elle comprime, ferme, ralentit — par accumulation silencieuse, heure après heure.

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Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que vous soyez assis en ce moment même. En France, les professionnels passent en moyenne sept à huit heures par jour dans cette position. Il y a quelque chose de profondément paradoxal là-dedans : on s'assoit pour se concentrer, pour être efficace, pour produire. Et c'est précisément cette posture qui, heure après heure, finit par vider l'énergie qu'on cherchait à préserver.

Pendant des années, j'ai cru qu'il suffisait de courir ou de transpirer à la salle le soir pour compenser l'immobilité de la journée. J'avais tort. On peut tout à fait être ce qu'on appelle un « sportif sédentaire » : une heure d'entraînement intense ne suffit pas à effacer les effets d'une posture figée pendant huit à dix heures. Les recherches sur la sédentarité sont claires là-dessus, et elles ont changé ma façon de regarder le corps au travail.

Remettez votre corps en marche — infographie SWAY
© Steve Dubois — SWAY

Ce que la chaise fait réellement à votre corps

La chaise agit par accumulation silencieuse. Pas de douleur brutale au départ, juste une compression progressive, une fermeture lente.

Lorsque vous êtes assis, votre bassin bascule légèrement vers l'arrière et vos hanches se ferment à 90 degrés. Dans cette configuration, un muscle profond et stratégique, le psoas-iliaque — le seul reliant vos jambes à votre colonne vertébrale — reste coincé dans sa position la plus courte. Maintenu ainsi pendant des heures, il finit par s'y habituer, se rétracter, et tirer sur vos vertèbres lombaires dès que vous vous levez. Cette tension chronique du psoas entraîne aussi ce que les spécialistes appellent une « amnésie des fessiers » : ces derniers s'endorment progressivement, déséquilibrant l'ensemble du bassin. Le reste du corps compense : le dos s'arrondit ou se cambre, les épaules glissent vers l'écran, la cage thoracique se referme.

La conséquence la plus immédiate, et souvent la moins visible, c'est la respiration. En moins de vingt minutes dans une mauvaise posture, elle devient plus courte, plus haute, plus thoracique. Cette respiration superficielle active discrètement le système nerveux sympathique, celui de l'alerte et du stress. Sans que vous vous en rendiez compte, votre corps entre en état de tension légère mais permanente. Vous travaillez. Votre corps, lui, se défend.

Les signaux que l'on apprend à ignorer

Le corps parle toujours avant de se bloquer. Mais nous avons pris l'habitude de considérer ses messages comme normaux, voire inévitables.

Quelques questions pour vérifier : ressentez-vous régulièrement la nuque qui commence à tirer vers 11h ? Une barre tenace dans le bas du dos en fin de journée ? Les yeux qui piquent ou une fatigue visuelle qui s'installe après le déjeuner ? Ce besoin de changer de position toutes les vingt minutes ? Un brouillard mental, une clarté qui s'effrite en fin d'après-midi ?

Ces signaux méritent d'être lus, comme les voyants du tableau de bord d'une voiture qui réclame une révision. La priorité va à y répondre avant qu'ils s'amplifient, plutôt qu'à les faire taire à coups de café ou d'antidouleurs.

Reprendre la main, sans changer de vie

L'objectif de SWAY n'est pas de vous transformer en athlète ni de vous culpabiliser pour votre sédentarité. Je ne suis pas coach sportif. Ce qui m'intéresse, c'est autre chose : traduire l'intelligence de votre corps — le souffle, le mouvement, l'ancrage — en langage accessible pour des professionnels qui travaillent assis et qui n'ont pas envie de souffrir pour aller mieux.

Ce que je propose, c'est de la maintenance. Préventive, régulière, simple. Réintroduire du mouvement et de la conscience dans les interstices de votre journée, pas en dehors d'elle.

Les micro-pratiques, d'abord. Des gestes discrets, accessibles depuis n'importe quelle chaise : une rotation douce du cou, un étirement des poignets, un balancement du bassin. Se lever toutes les quarante-cinq à soixante minutes pour marcher jusqu'à l'imprimante, passer un appel debout, s'étirer trente secondes. La régularité fait la différence, bien plus que l'intensité.

🌬️ Micro-pratique souffle — à faire maintenant

Posez les deux pieds bien à plat sur le sol, déposez les mains sur les cuisses. Trois respirations lentes : inspirez par le nez en laissant le ventre se gonfler, expirez lentement par la bouche, plus longtemps que vous n'avez inspiré. Quarante-cinq secondes. L'expiration longue signale au système nerveux qu'il peut relâcher. Le corps répond. Toujours.

L'environnement, enfin. Surélevez légèrement votre écran pour éviter de pencher la tête. Ouvrez l'angle de vos hanches au-delà de 90 degrés quand c'est possible. Alternez les postures si vous avez accès à un bureau assis-debout. Ces ajustements semblent mineurs. Cumulés sur une journée de travail, ils changent beaucoup.

Ce que j'observe

Les personnes que j'accompagne dans le cadre de SWAY ne me parlent pas de transformations spectaculaires. Ce qu'elles décrivent, après quelques semaines de ces petites pratiques, c'est cela : elles finissent leur journée moins vides. Elles ont plus de clarté en fin d'après-midi. Elles respirent mieux, sans même y penser.

Rien de mystérieux là-dedans, juste de la physiologie de base. Et des effets réversibles, à condition de commencer à écouter le corps avant qu'il se bloque.

C'est ça, l'approche SWAY. Une maintenance douce, régulière, au service d'une vitalité qui dure.

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Steve Dubois

Steve Dubois

Fondateur de SWAY